Les chiffres témoignent du poids des associations dans la société française (Tchernonog et Prouteau, 2019) : 1,5 millions d’associations, 33 000 créations/an, 1 758 500 salariés, un budget de 113 Milliards d’euros ; avec 22 millions de bénévoles (soient 43% de la population de plus de 18 ans) le bénévolat au sein d’associations représente la première forme d’engagement des Français.
La situation que nous traversons depuis quelques mois éclaire d’une lumière nouvelle la place du fait associatif dans notre société. Aujourd’hui en première ligne dans la solidarité nationale, les associations seront-elles demain un partenaire majeur pour contribuer à la résilience sociétale ? Alors même que leur rôle est vital à la société et que les pouvoirs publics s’appuient sur elles, les associations sont particulièrement touchées par l’impact économique et politique de la crise.
Tour à tour vectrices de lien, filet de sécurité social, piliers de la vie culturelle et de la cohésion des territoires, créatrices de solidarité et d’innovations sociétales, interpellatrices et/ou inspiratrices des politiques publiques, les associations façonnent la société et la démocratie depuis longtemps.
Un ensemble de chercheurs pionniers ont été les infatigables animateurs de l’œuvre de connaissance, statistique et qualitative, du monde associatif. Leur œuvre doit aujourd’hui être poursuivie, comme le préconise le rapport Pour une politique de vie associative ambitieuse et le développement d’une société de l’engagement du Mouvement associatif (avril 2018). En particulier, les travaux liés à la connaissance du fait associatif et à ses évolutions, ainsi que les analyses comparatives au plan européen et international restent limitées et les moyens et les méthodes d’exploitation des « données ouvertes » doivent encore être structurés. Il est essentiel de poursuivre et de développer la mobilisation des milieux académiques sur ces sujets.
La création de l’Institut français du Monde associatif, sous l’égide de la Fondation Pour l’Université de Lyon, s’inscrit dans cette voie, pour que la recherche augmente en volume et que de jeunes chercheurs en particulier aient des occasions plus identifiables et plus nombreuses de se mobiliser sur le sujet associatif. A la croisée du monde associatif et du monde de la recherche, l’Institut a également pour ambition de renforcer la co-construction des savoirs par les acteurs associatifs et par la recherche, ainsi que la valorisation sociétale des travaux de recherche, pour un meilleur transfert de leurs résultats auprès des associations et de leurs partenaires.
La crise COVID-19 ouvre de nouvelles perspectives et de nouvelles attentes en faveur d’un renforcement de la connaissance du monde associatif. A travers le présent appel à projets de recherche nous souhaitons faire de cette situation particulière une occasion de déployer la connaissance du monde associatif ainsi que son transfert auprès du secteur.